Californie

Mercredi 6 août 2008

Je suis heureuse aujourd'hui de vous parler de DEATH VALLEY (autant que je le serai quand j'aborderai Monument Valley, c'est pour dire), notre dernière étape californienne.

La veille au soir à Ridgecrest, nous avons fait le plein d'eau en achetant 1 gallon par personne soit au total 15 litres d'eau pour se rendre au coeur du désert. L'humidité de l'air étant quasi nulle qu'il est plus prudent d'emporter des réserves pour lutter contre une éventuelle déshydratation car dans la Vallée de la Mort les températures sont montées à 47° deux jours avant notre arrivée.

A peine sortis de la ville, que nous en traversons une autre, Trona, la dernière avant les immenses étendues désertiques. Et là, le décor est planté :
tout semble figé par la sécheresse ambiante. Les maisons sans vie, les carcasses de voitures devant les portes nous rappellent que nous allons emprunter des paysages lunaires.
La saison touristique n'ayant pas encore commencé, nous ne rencontrerons AUCUNE voiture, dans un sens comme dans un autre, durant les 122 miles (196 kms) parcourus en 2h30 ! (Nous avons de l'eau et de quoi déjeuner, nous avons un téléphone portable, un GPS....tout devrait bien se passer !)

Quel contraste avec le Yosémite et le Séquoia National Park où tout était si vert !


Ces photos sont prises à la sortie de Trona, sur la route 178 qui passe donc par le désert de Mojave.


Death Valley est le plus grand parc national des Etats-Unis devant le Yellowstone. C'est à l'époque de la ruée vers l'or (dans les années 1850 donc) que cette région prit ce nom car seuls certains prospecteurs (dont les membres des forty-niners) en route vers l'Ouest de la Californie ont survécu à la traversée.
Vous verrez avec les photos exposées plus bas, que ce paysage brûlé par le soleil est d'une incroyable diversité : mer de sel, canyons, dunes de sable, cratères, etc...


Nous sommes arrivés à 10h30 à Stovepipe Wells où nous avions réservé une nuit dans le motel avec piscine, très pittoresque aux chambres classiques mais très propres et d'un bon confort pour 120 dollars. 


(D'ailleurs, je me permets de vous donner deux petits conseils : si pour votre hébergement vous devez choisir entre Furnace Creek Ranch et Stovepipe Wells, optez pour ce dernier car vous éviterez les touristes agglutinés dans le premier, centre névralgique de l'étape. Une fois que vous serez à Stovepipe Wells, demandez le bâtiment Road Runner (c'est là où nous étions), vous aurez vue sur les Sand Dunes. Autre avantage, la station service de Stovepipe Wells affiche des prix plus compétitifs qu'à Furnace Creek.)

Nous faisons un petit tour de reconnaissance et nous sommes surpris par les températures : 22 °seulement ! Outre la beauté du site, ces conditions climatiques ont largement contribué à la réussite de cette journée magnifique puisque nous avons pu visiter tous les sites sans souffrir de la chaleur. 


Ci-dessous, les immenses dunes de sable de Sand Dunes formées par les vents qui convergent à ce point précis de la vallée, apportant grain par grain, les fragments de roches des montagnes voisines.



Balade à pied d'une bonne 1/2 heure avec les filles (sans poussette) jusqu'au Natural Bridge qui aurait été impossible avec des températures torrides.


Une fois descendus, nous reprenons la voiture pour aller jusqu'à Badwater qui est considéré comme le point le plus bas de la vallée (86 m au-dessous du niveau de la mer) et aussi un des plus chaud.


Grâce au ponton de bois, nous pouvons nous avancer au-dessus des plaques de sel.


Toujours seuls au monde sur la route 178 qui nous mène vers Artist's Palette ! Seule une tempête de sable nous tiendra compagnie.


A l'écart de la route principale, sur environ 9 miles (quasiment 15 kms), nous roulons sur une petite route en sens unique qui serpente entre les roches...


...et nous découvrons cette merveille de la nature. Des pigments minéraux ont donné ces couleurs intenses à la pierre volcanique. DH fait état de ses connaissances en la matière : les couleurs roses et jaunes sont produites par le fer, le vert est dû à la décomposition du mica et le manganèse permet d'obtenir les pourpres.


De retour au motel, le soleil de fin de journée nous offre encore une autre vision de ce désert impitoyable, finalement si riche, qui nous rappelle sans cesse la capacité sans limites des hommes de s'adapter aux conditions climatiques les plus sévères.


Le lendemain matin, départ à 5h30 du matin pour ne rien manquer du lever de soleil sur Zabriskie Point et parce que nous devons être entre 09h et 10h30 à Las Végas pour prendre possession du camping-car pour de nouvelles aventures !

Pendant que les filles dorment dans leur siège auto et que DH reste auprès d'elles, j'effectue l'ascension de la colline toute seule, dans un calme olympien, emmitoufflée dans ma fourrure polaire, capuche vissée sur la tête !
Le paysage à 360° qui s'offre à moi est somptueux. La magie des couleurs est là. J'écoute le silence.


Cet endroit, autrefois exploité pour le borax offre une vision étrange et saisissante sur des formations géologiques multicolores travaillées par l'érosion. Je n'ai pas pris de petit-déjeuner et mon imagination vagabonde en voyant de telles roches que je compare à de gros gâteaux caramélisés.

Passant de l'océan aux montagnes, des montagnes aux déserts, nous quittons la Californie, moteur du rêve américain, avec regret, pour faire route désormais vers le Nevada mais surtout l'Utah où nous dormirons le soir même.


Encore merci pour vos commentaires chaleureux.

A très bientôt.










Par Fran et La Madricaine
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Mardi 5 août 2008

Nous quittons le Yosémite le mardi 20 mai à 10h00 pour faire route vers le Sud afin de rejoindre le Sequoia National Park situé à 187 miles de là, soit 300 kms environ.
En chemin, à perte de vue, nous ne voyons que des champs foisonnant d'orangers et de citronniers au milieu du désert.

Plus de 3h30 de route encore une fois seront nécessaires pour arriver dans le petit motel familial de Three Rivers où nous attend notre chambre et la piscine où nous nous détendrons toute l'après-midi, la chaleur étant accablante (37° C).

Le lendemain matin, nous enchainons les nombreux lacets de la route étroite nous conduisant à l'entrée du parc :

Le Parc a été créé en 1890 à la suite des pressions des résidents de la San Joaquin Valley sur le Congrès dans le but de protéger les étendues de la Sierra contre l'abattage : certains souhaitaient protéger les sources d'approvisionnement en eau pour l'irrigation, d'autres les Grands Arbres.

Le Sequoia National Park est beaucoup moins fréquenté que le Yosémite mais protège au coeur de la Sierra Nevada une faune d'une richesse exceptionnelle et très vite, nous savons à quoi nous attendre :

En effet, à peine arrivés dans la Giant Forest, nous ralentissons subitement pour observer cette oursonne depuis la vitre baissée de la voiture, suivie de près par son bébé que nous trouvons curieusement très poilu.
Les ours noirs sont les seuls ours du parc.


Principalement herbivores, les ours noirs sont néanmoins attirés par la nourriture des hommes et causent des dommages importants en essayant d'en attraper. Certains deviennent agressifs. Il est donc important de ranger correctement tout ce qui a une odeur (nourriture, savon, parfum, déodorant, chaussettes, mdr...etc...) dans ces compartiments métalliques.


A peine arrivés sur l'aire de parking de Crescent Meadow (lieu de villégiature préféré des ours de ce parc) que nous pouvons approcher ce cerf gris (mule deer).


Ci-dessous Tic, sans Tac, à moins que ce soit le contraire mais les filles m'ont assuré que c'était Tic !
Il s'agit d'un tamia rayé. Il n'a pas été difficile de le voir tant ce petit animal, de la famille des écureuils, est bruyant. Il se nourrit de fruits, de graines et de petits vers ou limaces.


Nous sommes seuls au coeur du Sequoia National Park dont nous apprécions le silence, la beauté et les effluves d'anis que dégagent les aiguilles tombées au sol et qui ont été écrasées.
Nous passons ici sous le Tunnel Log.


Les pluies abondantes dues à l'élévation du relief et le sol riche, assurent une croissance rapide à ces arbres. Chaque année les séquoias peuvent produire jusqu'à 2000 cônes de la taille d'oeufs. Ces derniers restent verts et fermés parfois pendant 20 ans !


Ci-dessous le General Sherman's Tree, qui est la plus volumineuse forme vivante du monde mesurant 91 m de haut (soit l'équivalent d'un immeuble de 30 étages) pour une base de 11 m. Sa première branche est à 40 m de hauteur. (Il faut que je songe à demander au Papa Noël un objectif grand angle pour la prochaine fois ! Mdr !)


Nous avons passé un excellent moment dans ce musée très ludique pour les enfants qui ont pu voir l'intérieur d'un séquoia et s'amuser avec des jeux intéractifs. Le gros séquoia qui monte la garde devant le musée et que vous voyez au premier plan porte le nom de The Sentinelle.


Des marches taillées dans ce rocher de granit appelé le Moro Rock, mènent au sommet pour offrir une vue circulaire des High Sierras et de la Central Valley. Seul DH les a montées. Les filles et moi sommes restées dans la voiture afin de pique-niquer, tellement nous avions froid (5° C !!!)


Le jour qui a suivi n'a pas été très passionnant dans la mesure où il s'agissait de faire une journée étape, ne pouvant rallier Death Valley d'une seule traite. Nous avons donc dormi à Ridgecrest, ville aux portes du désert, dortoir d'une base navale militaire américaine, constituée de motels, stations services et petits restaurants.

Je vous donne donc rendez-vous prochainement pour vous parler de la Vallée de la Mort, que nous avons ADORE !

Merci encore pour tous vos messages et votre assiduité.

Par Fran et La Madricaine
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Lundi 4 août 2008

Départ matinal de San Francisco (à 07h) pour rejoindre les High Sierras et leurs paysages naturels d'une rare beauté.
Nous sortons de la ville en empruntant le Bay Bridge, longue passerelle d'acier de 7 km reliant San Francisco à Oakland  avec surtout cinq couloirs de circulation.

Nous avons parcouru 163 miles (soit 262 kms) en 3h30 pour déposer enfin nos bagages dans cette yourte située à seulement quelques kilomètres de l'entrée du Yosemite National Park où nous resterons deux nuits pour 300 $. Je tiens à préciser que nous aurions quand même préféré dormir au sein même du parc seulement dans le but de limiter les distances mais même en janvier, date à laquelle j'ai effectué mes réservations, tous les établissements affichaient déjà complets pour le mois de mai !

Cette yourte s'est révélée être d'un grand confort avec une cuisine entiètement aménagée et équipée, avec une belle salle d'eau, une literie d'une grande qualité. Nous mettions la climatisation le jour et la cheminée à gaz la nuit. Nous étions au coeur de la nature, et la nuit nos yeux étaient rivés sur le ciel étoilé. Nous avons vraiment apprécié cet endroit original, surtout les filles qui se sont prises pour Pocahontas ! Mdr !


Nous voilà maintenant à l'entrée du parc. Nous nous acquittons de la somme de 80$ auprès des rangers pour posséder une carte qui nous permettra par la suite de ne plus payer de droits d'entrée dans les parcs nationaux, car à coup de 20 $ par parc, ça chiffre vite.

 
Le Yosémite National Park, premier parc national fondé aux Etats-Unis (par Abraham Lincoln en 1864) est une ample vallée creusée par un glacier où de nombreuses chutes d'eau dévalent les parois granitiques.
C'est un magnifique espace naturel aux paysages d'une grande variété puisque se mêlent forêts de séquoias, cascades, prairies de montagne, gorges encaissées,

Ci-dessous, le spectacle époustouflant de la Yosemite Valley avec à la gauche, El Capitan, symbole du parc, gros monolithe de granit qui garde l'entrée Ouest. Au centre, en gris clair, le Half Dome (voir la prochaine photo pour le voir en gros plan). Et à droite, la Bridaveil Fall (le Voile de la Mariée).

Ci-dessous donc, l'imposant pic granitique du Half Dome (haut de 2695 m) suivi des Yosemite Falls qui dévalent une pente de 740 m en deux grands bonds. Grâce à un court chemin accessible en poussette, nous sommes allés au plus près de la second cascade où nous avons été trempés par son élégant panache d'écume.


Et voici la Bridaveil Fall. Nous sommes au printemps et les chutes d'eau sont gonflées tout comme ce torrent impétueux. 

De nombreuses navettes en bus et des sentiers de randonnée parfaitement aménagés, conduisent partout d'un style spectaculaire à un autre, ce qui est très agréable en famille notamment avec des poussettes encore une fois !

Le lendemain, alors que nous traversons à nouveau le Parc pour rejoindre l'entrée Sud (située tout de même à 56 km) et découvrir la forêt de Mariposa Grove, nous avons la chance et la joie d'apercevoir un ours brun (malgré son appellation, son pelage est le plus souvent marron).


Mariposa Grove est une forêt renfermant plus de 500 séquoias géants, certains larges à leur base de plus de 11 mètres. Les arbres de l'aire de stationnement sont déjà impressionnant maix ceux situés plus loin, le sont encore davantage.


Ci-dessous le Grizlly Giant qui aurait environ 1800 ans. La grosse branche que vous voyez sur la partie droite de la photo, mesure 2 mètres de diamètre

Ici, le California Tunnel Tree, taillé en 1895 pour permettre le passage des diligences.

Regardez comme Agatha et DH paraissent petits à côté de ce séquoia appelé le Fallen Monarch !

L'acide tannique dans le bois empêche la croissance initiale de champignons et bactéries ce qui bloque ainsi la décomposition d'un séquoia.
Ce qui est par ailleurs intéressant de noter, c'est que les racines de ces arbres ne sont pas profondes préférant s'étaler près de la surface pour capter l'eau.

Près des arbres, il n'est pas rare de trouver cette fleur : The Snow Plant.


C'est bien connu, l'air de la montagne, ça creuse, alors de retour à la yourte, nous avons préparé un gros barbecue. Nous avons profité de chaque instant passé à observer la nuit, mais après quelques bruits étranges tout près, dans les fourrés, et après s'être faits dévorés par des moustiques sûrement autant affamés que nous, nous sommes rentrés à l'intérieur sans savoir, au final, qui avait bien pu nous procurer une telle frayeur ! Mdr !

La suite du voyage vous conduira dans le Sequoia National Park avec de biens jolies rencontres à la clef !

Merci à vous toutes et tous pour vos commentaires.

A très bientôt.

Par Fran et La Madricaine
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Dimanche 3 août 2008

Nous sommes le samedi 17 mai 2008 et il est temps d'aller récupérer notre voiture de location car demain nous ferons route vers le Yosémite Park.

Après une grasse matinée bien méritée, encore un dernier effort à pied pour aller chercher le véhicule dans le quartier de Ghirardelli Square, et pour nous récompenser de notre enthousiasme pédestre et afin de regagner quelques grammes perdus, nous nous arrêtons dans la chocolaterie du même nom créée dans les années 1850 (donc à l'époque de la ruée vers l'or).

Et là, les doubles cônes (chocolat chip cookie dough+mint chocolat chip) avec leur gauffre craquante à souhait, à seulement 5,50 $ pièce resteront dans les annales. Nous nous sommes régalés de ces glaces exquises en profitant du décor avec, devant nos yeux, les cuves de pressage, blutage, broyage, et de conchage du chocolat. Trop affairés à les déguster et à contempler cet endroit, nous oublions de prendre des photos de l'intérieur !


Nous faisons route ensuite vers la très célèbre Lombard Street histoire de négocier, nous aussi, ses 8 virages serrés et sa pente de 27%, vitres baissées et coudes à la portière comme Steve McQueen dans "Bullit" : nous savourons enfin le fait d'être en voiture.

Une fois au bout de cette rue très sinueuse, je prends en photo son prolongement, assez impressionnant lui aussi mais qui plait un peu moins aux touristes.


Comme nous sommes plutôt dans l'Est de San Francisco et que nous avons pour but d'emprunter le Golden Gate Bridge (situé à l'opposé) pour aller jusqu'à Sausalito, nous faisons des arrêts dans un premier temps dans les quartiers de Mission District et Haight Ashbury.

Revendications identitaires et expressions communautaires ont pris forme au moyen de fresques murales dans tout San Francisco, mais surtout dans ce quartier hispano de Mission, comme ici avec le Women's Building :


Ci-dessous, un mural très connu également à Balay Alley (24th Street entre Treat et Harrisson)

Ou encore un autre sur les murs de la Cesar Chavez School !


Après le quartier latino, nous arrivons dans l'atmosphère plutôt hippie, bohème et même excentrique du quartier de Haight Ashbury qui possède désormais surtout de belles maisons victoriennes, des cafés animés, des magasins de disques en vinyle et des boutiques pour le moins originales : jugez plutôt cette devanture d'un chausseur !

 
Au bout de la rue, nous débouchons sur Alamo Square avec son rang de maisons victoriennes le plus photographié au monde sans doute (il s'agit des "Six Sisters" de style Queen-Anne). Mais au-delà de ça, cette place verdoyante nous offre une vue panoramique splendide des gratte-ciel de Downtown.

Le fait d'avoir une telle vision nous donne l'idée de jouir du panorama d'encore plus haut en allant au sommet des Twin Peaks. Le point de vue de la cité et de la baie est en effet sans équivalent. Nous sommes donc en haut des seules collines de la ville qui sont restées dans leur état originel.

Ici, la vue vers l'Est

Ici, celle vers l'Ouest

Comme un point final à notre superbe séjour de quatre jours, nous empruntons ensuite le Golden Gate Bridge qui se couvre petit à petit de brume afin de rejoindre Sausalito, un ancien village de pêcheurs situé face à la baie.


Près de 400 maisons flottantes légendaires composent ce quartier charmant. Cependant, tous les ans, il parait qu'il soit question de fermer les pontons et de supprimer les amarages pour un problème de réglementation. Ce serait bien dommage que Sausalito perde son âme !


Pour conclure le chapitre sur San Francisco, si vous hésitez à vous rendre aux Etats-Unis, si vous avez des "à priori", commencez donc par établir un contact en optant pour cette magnifique ville, vous ne serez pas déçus.

Et puis San Francisco, au-delà de mes commentaires et de quelques uns de mes clichés, c'est aussi une ville qui mérite qu'on l'écoute car San Francisco est rythmée par le bruit de la corne de brume qui permet de savoir que le fog a happé le pont en entrant dans la baie, car San Francisco est rythmée aussi par le bruit du tintement des cloches des cable-cars à l'approche d'un croisement ou au terminus d'une ligne et parce que San Francisco est rythmée par le flot des touristes dont nous faisons partie et qui renforce l'idée que nous sommes en vacances ! 

Avec Fran, nous pensons reprendre la rédaction de posts liés à notre quotidien à la rentrée, mais pour l'heure, c'est encore les vacances et nous préférons vous offrir un voyage à travers les notres.

Nous vous donnons donc rendez-vous d'ici peu, pour la suite de mes aventures dans l'Ouest, car la prochaine étape est le Yosémite National Park.

Par Fran et La Madricaine
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Samedi 2 août 2008

Cela fait déjà le 3ème jour que nous sommes à San Francisco et nous sommes complètement conquis.
Après la longue journée de la veille, les courbatures se font nettement sentir mais hop hop hop, à nouveau tous prêts à 07h00 pour partir "à la fraiche" car la boucle prévue s'annonce longue en kilomètres et sous un soleil de plomb (verrons-nous, avant de partir, San Francisco dans la brume ?).

Nous avons trouvé cet hôtel à bon prix sans doute parce qu'il n'est situé qu'à une rue derrière la caserne des pompiers. Par chance, aucune sirène n'aura retenti durant nos nuits. L'avantage, c'est que nous avons pu admirer de près ces camions rutilants aux finitions laquées rouges et même accéder à l'intérieur et tirer sur la ficelle reliée à la petite cloche argentée grâce à ce charmant pompier venu nous saluer ;o)


Notre circuit d'aujourd'hui a pour point de départ le quartier de La Marina et nous nous disons qu'il serait bien tentant d'habiter dans cet ensemble coquet de maisons situé au bord du port de plaisance s'il n'était pas "shaky", c'est à dire très vulnérable à un tremblement de terre parce que construit sur les gravas de 1906.

Nous empruntons ensuite la Lyon Street pour gravir les collines qui se dressent face à nous et là, je sens que la journée va être dure... trèèès dure ! Mdr ! La Lyon Street est une rue semblable à la rue Foyatier à Paris c'est à dire, qui n'est faite que d'une succession de marches très appréciées des joggers. Mais nos efforts sont encore récompensés car une fois en haut, la vue est imprenable (au fond la baie, au centre de la photo, on distingue entre les arbres, la rotonde du Palace of Fine Arts).
Après s'être ravitaillés en eau (encore fraiche), nous commençons enfin la descente pour accéder au Golden Gate Park. Mon moral en prend cependant un coup car je sais que de retour, forcément, il va falloir grimper à nouveau.

Le Golden Gate Park est long de 5 km faisant de lui l'un des plus vastes parcs urbains du monde. Il s'étend des rives du Pacifique au centre de San Francisco formant une très belle oasis de verdure.
Le but premier de la visite est de permettre aux filles de descendre des poussettes pour se dégourdir les jambes dans ce beau gazon et de trouver le playground (terrain de jeux pour enfants) : cette journée loin de l'agitation du centre-ville est la leur et nous décidons que nous y passerons le temps qu'il faut


Malheureusement, il est presque midi et le peu d'ombre de cette aire de jeu nous incite à poursuivre la promenade un peu plus loin, là où se trouve le Conservatoire des Fleurs (construit en 1878) et ses verrières grandioses. Tout est superbe à proximité de cette immense serre, le vert de la pelouse contrastant avec les parterres de fleurs.
Un peu plus loin encore, le Japanese Tea Garden, véritable petit havre de fraicheur aux massifs soigneusement entretenus, aux jolies pagodes et petits ruisseaux, invite à la méditation. Prix de l'entrée 8 $ pour 2 adultes mais peut être gratuit selon l'heure à laquelle vous vous présentez.

Nous aurions aimé emmener les filles jusqu'au paddok des bisons mais finalement, nous avons décidé que ce serait bien mieux qu'elles les voient dans leur environnement naturel l'année prochaine quand nous nous rendrons dans le Parc National du Yellowstone ;o)

Il est temps de penser à rentrer tant le chemin du retour (toujours à pied) est long puisque nous devons encore franchir la montée du Présidio pour ensuite redescendre vers le Golden Gate Bridge.

Après une âpre discussion avec DH - devons-nous emprunter cette piste qui semble être un raccourci ?-, je remporte la mise : nous ne sommes sûrs de rien et avec Mathilde et Agatha il est hors de question de prendre un risque. Nous suivrons donc la route comme prévu et non ce petit sentier de randonnée pourtant charmant.
Par bonheur, nous tombons sur le magnifique golf du Présidio et en profitons pour reconstituer nos réserves d'eau et confirmer notre trajectoire, le plan que nous avons en main ne détaillant pas suffisament cette zone boisée.

Nous enchainons les virages de descente et enfin le Pacifique s'offre à nous avec une vue dégagée sur les belles promenades côtières ! Le petit air marin frais s'amuse dans nos cheveux et les odeurs des forêts d'eucalyptus et de cyprès nous redonnent un second souffle.

Le Parc du Présidio comporte de nombreux édifices militaires (casernes, plates-formes d'artillerie, musée, cimetière) entretenant le souvenir du long passé de l'armée dans cette zone.

Ci-dessous, les maisons de la Funston Avenue.

Jusqu'à présent dissimulé derrières les grands arbres, le Golden Gate Bridge est désormais là, face à nous, tout près, enfin, ça, c'est ce qu'on croyait !

Ce célèbre ouvrage d'art suspendu qui ouvrit en 1937 après quatre années de travaux, relie San Francisco à Sausalito (petit village de pêcheurs dont je vous parlerai dans le prochain billet). Il mesure donc 2,7 km de long et se situe à 67 mètres au-dessus de la surface de l'eau. Vous pouvez l'emprunter à pied ou à vélo (c'est alors gratuit mais même en plein été, munissez-vous d'une veste car sur le pont, sans être frileux, il fait froid !) ou en voiture en payant 5 $ (l'aller est gratuit, c'est le retour sur San Francisco que vous réglez).

La météo change vite et le temps de regagner la Marina d'où nous avions pris le départ, le pont se retrouve en partie dans la brume..."San Francisco s'embrume"

 

 
Nous sommes affamés après cette journée où nous avons parcouru 18 miles (soit presque 30 kms !!!), oui oui,  30 kms à pied en poussant les filles. Ce soir là, ce ne sont pas nos mollets qui souffrent mais nos avant-bras. Nous sommes néanmoins heureux d'avoir pu voir ce côté de San Francisco de cette manière.

Pour le 4ème et dernier jour, nous louerons un véhicule (qui nous conduira jusqu'à Las Vegas) afin de visiter les quartiers de San Francisco que nous n'avons pas encore vus, à savoir, Alamo Square, Mission, Haight Ashbury, monter jusqu'aux Twin Peaks, descendre la célèbre rue sinueuse de Lombard Street et pousser jusqu'à Sausalito en empruntant le Golden Gate Bridge
.

Nous vous donnons donc rendez-vous très bientôt, peut être pas demain, car ce soir nous fêtons les 4 ans de notre Mathildou...enfin, tout dépendra de l'heure à laquelle nous rentrerons et de la clarté de mes idées ;o)))

En espérant que cette fois-ci Over-Blog vous laisse la possibilité de laisser vos messages nous vous embrassons.

Par Fran et La Madricaine
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Vendredi 1 août 2008

Le lendemain de notre arrivée à San Francisco, le programme était chargé. Alors pour ne rien faire au pas de charge, réveil très matinal pour tout le monde (les filles dormiront dans la poussette, ce n'est pas tous les jours qu'on visite cette ville quand même !).

J'ai souhaité faire partie du premier groupe embarquant sur le ferry pour Alcatraz, et comme nous sommes du côté de la Marina (c'est à dire tout près du Golden Gate Bridge) et que nous devons nous rendre à pied à l'opposé de cette adresse (soit du côté du Fisherman's Warf), nous partons à 07h30....................dur dur les vacances ! Mdr !

Nous arrivons tant en avance (et là, je vous passe les jérémiades de DH) que nous en profitons pour nous imprégner de l'ambiance des quais et voir de très près les vedettes du Pier 39 qui sont très bruyantes, qui sentent mauvais, qui sont si nombreuses : les otaries.
Quelques dizaines sont arrivées en 1990 après le tremblement de terre de Loma Prieta, près de Santa Cruz, bien nourries, elles sont maintenant une centaine qui migrent, en été, pour la reproduction.


Après avoir acquitté le prix de notre billet pour Alcatraz (49 $ pour 2 adultes), nous prenons le ferry pour aller sur le rocher et mettre nos pas dans ceux des prisonniers. Je tiens à préciser que la solution de l'audioguide est très satisfaisante et que vous visitez les lieux à votre rythme, le tout étant de ne pas manquer le dernier bateau.


En 1859, l'armée américaine y établit un fort qui garda l'entrée de la baie jusqu'en 1907 où il devint une prison militaire. Puis de 1934 à 1963, il servit de pénitencier fédéral de haute sécurité.

Ci-dessous, le bloc des cellules : aucune ne possédait un mur ou un plafond donnant sur l'extérieur
  Les prisonniers étaient totalement coupés du monde extérieur. Les magasines disponibles devaient dater de plus de 7 mois. Toutes les lettres étaient censurées et réécrites intégralement.

Ci-dessous, sept des plus fameux prisionniers incarcérés à Alcatraz dont Al Capone sur la 1ère photo en partant de la gauche. La plupart des détenus qui passèrent par Alcatraz y étaient placés non pour leurs crimes, mais parce qu'ils refusaient de se conformer aux règles dans les autres prisons fédérales ou présentaient de forts risques d'évasion.
Les cellules sont très étroites (tenez-vous debout, levez vos bras à l'horizontale de chaque côté du corps et vous toucherez les murs de la cellule !). Ici, il s'agit d'une des prisons des frères Anglin dont l'histoire inspira le film "Les Evadés d'Alcatraz" de 1979 dans lequel joue Clint Eastwood.

La vue de San Francisco depuis Alcatraz est absolument spectaculaire :


De retour au Fisherman's Warf, nous visitons plus en détail le Pier 39, très touristique (trop à notre goût) en croquant dans une pizza de 19 pouces (soit environ 48 cm) pour 16 $.


Vu le souvenir des rues pentues de la veille et la distance qui nous sépare encore une fois du centre ville, nous achetons un pass (22 $ pour 2 personnes) pour emprunter durant une journée, de façon illimitée, les fameux cable-cars qui offrent un moyen amusant et agréable de circuler au coeur de San Francisco.


Nous prenons place à l'intérieur car impossible de rester sur les marche-pieds extérieurs avec deux enfants et les poussettes repliées. Il fait une chaleur insoutenable, nous sommes serrés comme des sardines, mais le savoir-vivre des américains permet aux filles d'obtenir deux places assises. Allégée du poids d'Agatha, je peux dégainer l'appareil pour prendre en photo de dos le "gripman" (le conducteur).

En bout de course, nous assistons au retournement manuel du cable-car sur la plaque tournante.

Une fois à Union Square, le principal quartier commerçant de San Francisco, nous marchons pour nous rapprocher davantage du Financial District, puis de Chinatown.

Ici, il s'agit du gratte-ciel le plus haut de San Francisco (260 m, 48 étages) : la Transamérica Pyramid. Les bandes blanches verticales que vous voyez sur le building, sont des agrégats de quartz qui assurent la protection parasismique.


Après s'être arrêtés au Wells Fargo History Museum pour admirer une diligence de l'époque du Wild West, nous nous dirigeons vers Chinatown, sans avoir visité le Musée d'Art Moderne de San Francisco dont la collection permanente est pourtant d'une richesse exceptionnelle...tant pis, ce sera pour la prochaine fois.

Nous sommes au carrefour de Bush Street, où se trouve l'entrée de ce quartier chinois très réputé aux Etats-Unis du fait de son atmosphère qui reste très proche de celle d'une ville du sud de la Chine.

Le portail (The Chinatown Gateway) est orné de toits de tuiles vertes décorés d'animaux en céramique vernissée. Deux lions de pierre tenant leurs petits entre leurs griffes, l'encadrent. (Le touriste a eu raison de ma patience : j'ai pris la photo malgré sa présence ;o(((


Les filles commençant à montrer des signes de fatigue évidents, nous nous sommes contentés de l'artère principale de Chinatown, à savoir Grant Street et ses lampadaires refaits à l'identique, avec leur abat-jour coiffant le fut vert. C'est une rue où nous n'avons trouvé que des tee-shirts, 10 cartes postales pour 1$, des objets de jade, des dragons sur soies. J'aurai préféré aller plus bas, vers Chinatown Alleys, voir l'herboriste et ses hippocampes séchés, le droguiste, etc  bref, le vrai Chinatown. Là encore, ce sera pour une prochaine fois.


Nous reprenons le cable-car pour retourner au point de départ du matin et remonter le front de mer à pied jusqu'au Palace of Fine Arts situé tout près de l'hôtel. Lorsque nous arrivons sur place, la lumière de cette fin de journée est magnifique et nous aide à oublier notre fatigue.


Ici, les nombreuses colonnes corinthiennes. Le Palais des Beaux-Arts évoque des ruines romaines. Il est l'unique survivant des pavillons grandioses construits en 1915 pour la Panama Pacific Exposition qui célébra l'ouverture du canal de Panama.


Cette journée fut très riche en découvertes et nous rentrons épuisés à l'hôtel. Le jour 3 sera tout aussi dense avec au programme, le Golden Gate Park, le Présidio et le Golden Gate Bridge.

Nous espérons que cet échantillon de photos vous donneront encore plus envie de traverser l'Atlantique !

Merci pour tous vos messages adorables.

A très bientôt.









Par Fran et La Madricaine
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Jeudi 31 juillet 2008

Pour celles et ceux qui ne partent pas en vacances,ou qui sont sur le point de partir ou encore qui en reviennent, nous avions envie de vous offrir un bien joli dépaysement en vous proposant plusieurs articles sur SAN FRANCISCO notre véritable coup de coeur américain.

San Francisco plait beaucoup aux européens sans doute du fait qu'une grande partie de la ville peut se découvrir à pied (ce qui a été notre cas) bien que ses nombreuses collines imposent de rudes ascensions (et avec des poussettes, c'est encore pire croyez-moi ! Je me suis découvert des muscles dont j'ignorais encore l'existence ! Mdr).

San Francisco plait aussi parce qu'elle est située en Californie jouissant ainsi d'un climat tempéré et ensoleillé

Chaque quartier possède sa propre personnalité.

Par conséquent, afin de vous faire découvrir cette ville fascinante, je vais vous  emmener là où je suis allée durant 4 jours pleins. Vous suivrez donc exactement le même itinéraire que moi et au rythme que j'avais imposé à la famille. Vous saurez ainsi tout du contenu de mon road book (et même de certains prix réglés)car après San Francisco, je vous guiderai depuis la Californie jusqu'au Nevada, en passant par l'Utah et l'Arizona.

Voici donc le récit de la première demi-journée passée à San Francisco. Nous sommes le 14 mai 2008.

Comme vous avez pu le voir sur la carte des USA que nous nous avions donné ici, Cincinnati est à l'opposé de la côte Pacifique et 5h de vol (+3h de décalage horaire) nous ont été nécessaires pour rallier San Francisco.

Après avoir récupéré nos nombreux bagages (car nous partions pour 3 semaines dans l'Ouest), direction l'hôtel "Greenwich Inn", tout près de la Marina, à l'aide d'un taxi. Prix de la course : 45 $. Prix pour 4 nuits dans cet hôtel très convenable et propre 370 $ (2 lits doubles, télé, frigo, micro-ondes, petit coin bureau en retrait, salle de bains rénovée avec wc, lavabo et douche, et un emplacement de parking compris dans le prix, ce qui, à San Francisco est très rare !).

A peine les sacs déposés et un petit repas englouti, nous avons visité notre quartier, qui, par chance, est l'un des plus pittoresques de San Francisco grâce à ses maisons victoriennes. Il s'agit de Pacific Heights et Cow Allow.

Nous avons eu besoin de presque 3h de marche cet après-midi là pour gravir ces rues et découvrir ces belles demeures.

Possédant souvent un plan identique, elles ont en commun une ossature en bois (du bois de sequoias) mais elles se diffèrent par l'aspect de leur façade, tantôt de style Queen Anne (celles avec des tours, des tourelles et une grande richesse d'ornementation), tantôt de style Stick (celles mettant en évidence les lignes verticales de la structure en bois, aux fenêtres en saillie, aux pignons et corniches décorés), tantôt encore de style Italianate (celles ayant des décors élaborés autours des portes et des fenêtres, et de larges corniches).

Ces vieilles maisons ont résisté aux tremblements de terre et aux incendies. Leurs dimensions sont standardisées, la façade mesurant 8 mètres.

Mais plutôt que de vous casser les pieds avec de longues explications, voici quelques uns de mes clichés :


Ci-dessous, la Haas-Lilienthal House, en cours de rénovation, qui abrite du mobilier victorien, de pur style Queen Anne, a été construite en 1886 :


Ci-dessous, les maisons du Webster Street Row, construites vers 1880, ont le statut de monuments historiques :

Ci-dessous, la coupole de l'Octogon House qui donne de la lumière à toutes les pièces, construite en 1861. Cette maison abrite une petite exposition d'arts décoratifs et de documents historiques :

Ci-dessous, le Vedanta Temple construit en 1905, un édifice très curieux.


Et ci-dessous, les cinéphiles avertis auront peut être reconnu la maison de Mrs.Doubtfire au 2640 Steiner Street :

La deuxième journée fut vraiment très dense. Je vous donne donc rendez-vous très prochainement pour la suite de la visite. Mais déjà, voici le programme du jour 2 : la Marina, le Fisherman's Warf avec les otaries, Alcatraz, les cable-cars, Chinatown, le Financial District.

Nous espérons que vous appréciez la balade et en attendant de lire vos commentaires, nous vous embrassons.






Par Fran et La Madricaine
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